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Le blog de Paroisse protestante de Hoenheim

La communauté en attente

24 Mai 2020, 10:26am

Publié par Paroisse protestante de Hoenheim

Culte à picorer pour le 6ème dimanche après Pâques

La communauté en attente

 Mais qu'est ce que l'attente, sinon une sorte de folie,

et qu'est ce que la folie sinon un excès d'espoir?

 

Primo Levi

 

 

Louange : extraits du Psaume 27

Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je peur ?

Le Seigneur est la forteresse de ma vie : qui pourrait m'effrayer ?

Seigneur, écoute mon cri d’appel !
Par pitié, réponds-moi !

Ne te détourne pas de moi, ne me repousse pas avec colère, moi, ton serviteur !

Tu es mon secours, ne me délaisse pas, ne m'abandonne pas, Dieu de mon salut !

Même si mon père et ma mère m'abandonnaient, le Seigneur me recevrait.

Montre-moi, Seigneur, ton chemin,

et conduis-moi sur une bonne route.

Je suis sûr de voir les bienfaits du Seigneur sur la terre des vivants.

Attends (ou « Mets ton espérance dans ») le Seigneur ;

sois fort et prends courage ;

attends  (ou « mets ton espérance dans ») le Seigneur !

 

 

 

Les lectures bibliques proposées pour ce jour sont les suivantes :

Jérémie 31.31-34
Lettre aux Éphésiens 3.14-21
Evangile selon Jean 16.5-15

 

Message
 

Communauté en attente...

Le pied de nez que nous fait l'année liturgique ce dimanche est plus qu'intéressant, n'est-ce pas ?

Nous sommes déconfinés et nous avons l'autorisation de reprendre la direction de nos églises le dimanche matin (ou tout autre jour de la semaine) pour célébrer ensemble : c'est ce que nous attendions. Et pourtant...

Et pourtant quelque chose nous murmure à l'oreille avec insistance : "Attends ! Ne te précipite pas."

 

C'est vrai, pour certain "reprendre sans plus attendre" est une question de survie. Pour eux-mêmes, voire pour tout une société ou presque.

D'autres préfèrerons ne pas "reprendre" en tout cas pas tout de suite et peut-être pas de la même manière. Ou ne le pourront pas...

D’ailleurs, reprendre quoi  et pour-quoi ?

 

C'est cette question qui est au coeur de la logique biblique de l'attente.

Attendre ça peut se résumer à attendre que ça (se) passe, scotché à son canapé ou la tête bien enfoncée dans le sable comme l'autruche. 

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas toujours très confortable. Les disciples en ont fait les frais, eux qui au lendemain de Pâques se sont calfeutrés dans la chambre haute (leur QG), incapables qu’ils étaient alors de sortir de cette forme de sidération où les avaient placés la mort et la résurrection de Jésus.

Qu’attendaient-ils ?

Attendaient-ils d’ailleurs vraiment quelque chose à ce moment-là ?

Jésus leur avait promis un "après" et la force, l’esprit nécessaires pour se lancer dans cet après. Mais 50 jours ont failli ne pas suffire à les faire émerger de cette torpeur : Jésus les envoie de par le monde, mais c’est à Jérusalem qu’ils commencent par s’enfermer.

 

On ne sait rien sur les 10 jours qu’ils ont passés entre l’Ascension et Pentecôte. Ont-ils préparé  activement leur déconfinement et leur retour à la mission qui leur avait été confiée ? Ou bien se sont-ils demandé comment l’éviter et retrouver un peu de tranquillité d’esprit ?

Le livre des Actes des Apôtres nous raconte qu’ils se sont en tout cas réorganisés pour être à nouveau 12 après la mort de Judas (comme avant, donc)... Qu’il faudra la Pentecôte, le don du Saint Esprit, pour qu’ils saisissent toute l’ampleur de cette révolution profonde qu'est la résurrection de Jésus pour l’humanité. Alors seulement ils se sont senti en mesure de relever le défi du témoignage, quitte à passer pour de doux illuminés.

 

Le confinement nous avait appris à attendre patiemment que quelqu’un décide qu’il était à nouveau temps pour nous de sortir de notre (nos ?) réserve(s).

Le déconfinement va nous apprendre une autre forme d’attente. Nous sommes maintenant invité.e.s à nous attendre à ce que quelque chose d’important advienne - sous un jour qui ne nous est peut-être pas familier -, et à devoir saisir ce "moment favorable" pour nous remettre dans la vie du bon pied. Et entrainer un petit bout de monde, au moins, avec nous. Parce que nous aurons touché, du bout du doigt, du bout de notre intuition, la profondeur et la portée de l'espérance qui nous est donnée.

 

C’est valable individuellement.

C’est valable collectivement.

C’est valable paroissialement aussi... 

 

Qu’est-ce qui nous aura manqué pendant ces presque 3 mois sans culte ou rencontres ?

Qu’est-ce qui nous aura portés, remonté le moral, donné de l’espérance ?

Que voulons-nous partager lorsque nous nous retrouverons à l’église ? Comment ? Que voudrons-nous partager avec d’autres ?

Que voudrons nous faire avec et pour d'autres ?

Autant de questions que nous ne devrons pas éluder si nous ne voulons pas passer à côté d’un de ces moments favorables...

 

Alors "reprenons" avec enthousiasme ! Mais sans précipitation, sans faire l’économie des bonnes questions.

Remettons-nous en veille ! Pas comme un téléviseur presque éteint, mais bien comme des vivants toutes antennes dehors, prêts à déceler la vie partout où elle germe pour l'aider à se développer avec juste un petit coup de pouce.

 

Claire-Lise Oltz-Meyer

 

 

Allons dans la paix et les possibles d'un jour nouveau

avec la bénédiction de Dieu.

 

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